3ème mandat en Afrique, le coup KO de OUATARA à Macky……

Longtemps au trône des états africains où l’on peut fièrement revendiquer la démocratie, le Sénégal vient de céder du terrain au profit de la Côte d’Ivoire. Et c’est la question du troisième mandat qui les a départagés. Car, au moment où son second mandat arrive à terme en 2024, le chef de l’Etat sénégalais, devant tous les gens épris de démocratie majeure, laisse planer le doute sur une éventuelle candidature. Une position floue aux yeux du Sénégal et du monde que le président ivoirien exploite avec une grande intelligence, en déclarant, devant l’Assemblée Nationale, la plus grande institution pour l’expression démocratique, que voilà, son second et dernier mandat arrivé, il ne se représentera plus, des mots qui suscitent encore l’admiration et le respect du monde entier. Un vrai coup de poker que le doyen Ouattara vient d’administrer à son jeune frère et homologue sénégalais.

Si c’était dans une compétition où l’on classe les états démocratiques, le Sénégal aurait reculé des toutes premières places pour se voir devancer par la Côte d’Ivoire. En effet, rien n’est encore joué, certes, mais le  »ni oui, ni non » de Macky Sall lui aura joué un mauvais tour. En répondant ainsi à une question sur une éventuelle candidature à la fin de son second mandat, Macky Sall ne s’imaginait certainement pas qu’il n’était pas suivi qu’au Sénégal, mais dans les pays du monde adeptes de démocratie, de paix et d’émergence. Le Sénégal, une vitrine démocratique dans le continent noir, longtemps adoubé sur ce terrain, par le travail de Senghor, Diouf et Wade, perd une bonne occasion de voir encore son drapeau flotter en signe de démocratie majeure, une période qui a commencé depuis 2000 avec une transition démocratique sans guerre ni heurt. Mais,le constat est que présentement, en Côte d’Ivoire, des correspondances de reconnaissance suite à la déclaration présidentielle ivoirienne, accompagnées des félicitations par des twits, des messages de grandeur venant des quatre coins du monde diplomatrique, de la société civile internationale, des organisations de droits de l’homme et de bien d’autres hommes de culture et de lettres, pleuvent sur la table du Président ivoirien. A vrai dire, Ouattara un devenu un homme porté en triomphe pour avoir été alerte et opportuniste qu’une déclaration de renonciation d’un mandat supplémentaire allait le porter en exemple. Depuis lors, un vent de stabilité envahit son pays, avec comme conséquence immédiate, le balai des investisseurs pour enterrer définitivement des années de guerre et relancer durablement l’économie nationale. Longtemps attentif d’une si grande occasion pour que le nom de la Côte d’Ivoire résonne encore au firmament des états démocratiques, désormais, le nom de Ouattara sonnera comme un grand démocrate que le Président Français Emmanuel Macron a félicité avant l’heure, avec un message qui en dit long sur la menace d’un mandat de trop: « Vous venez de montrer l’exemple en Afrique », lui a-t-il balancé dans son compte twitter. Pour le Sénégal, une erreur d’appréciation de son chef lui aura permis de se retrouver KO devant l’échiquier diplomatique mondial. Des Ministres qui ne travailleraient pas si efectivement le candidat ne se représentait plus à une élection n’aura pas été la bonne réponse qu’il fallait servir aux démocrates observateurs de notre évolution démocratique. Ces derniers n’hésiteront donc pas à diminuer les notes du Sénégal.

Youssouf NDIONGUE