Editorial: une crise institutionnelle s’annonce


Dakar 29 janvier  2024 rédigé par Kaya Kaya

À seulement une semaine du lancement de la campagne électorale, des doutes planent toujours sur la tenue des élections. Le Conseil constitutionnel a validé 20 candidats dans un contexte de contestations et de revendications débordantes.

Après l’élimination de Karim Wade, le Parti Démocratique Sénégalais (PDS) avait promis de déclencher une enquête sur deux magistrats soupçonnés de corruption ou de collusion durant les opérations de contrôle du processus de validation des candidats pour la présidentielle du 25 février prochain.

Le PDS a tenu promesse puisqu’elle a engagé une procédure de mise sur pied d’une commission d’enquête parlementaire pouvant déboucher sur un arrêt du processus électoral et d’une mise en accusation sur fonds de corruption.

La conférence des présidents de groupes parlementaires l’ayant validée après le bureau de l’Assemblée, la commission est convoquée pour ce lundi et la plénière est prévue pour mercredi.

Dans le cas où l’Assemblée acte l’installation d’une commission d’enquête, le Sénégal plonge dans une crise entre les deux pouvoirs.

Le Sénégal s’achemine vers une crise institutionnelle sur fond de corruption

Le Conseil constitutionnel, en charge de la sélection des candidats à l’élection présidentielle, proclame les résultats définitifs en procédant au contrôle des résultats provisoires prononcés par la Cour d’Appel de Dakar et reçoit le serment du nouveau Président.

En matière électorale, c’est avec le Conseil constitutionnel que le pouvoir judiciaire en tant qu’institution de la République, assure son contrôle sur toutes les opérations.

Si l’Assemblée nationale, en tant que pouvoir législatif, vote la résolution portant constitution d’une commission d’enquête parlementaire proposée par le Groupe Wallu avec les graves accusations de corruption contre les membres du Conseil constitutionnel relativement à l’élimination des candidats, ce sera une confirmation d’une crise institutionnelle et politique de nature à entraver le bon fonctionnement de nos institutions.

*Qui est le corrupteur ?*

Devant cette situation, tout le monde est suspect. La commission devra, donc, entendre l’ensemble des candidats, dont le Premier ministre. Dans ce cas de figure, toutes les parties devront entièrement se mettre à la disposition de la commission sans aucune entrave. Ce qui implique forcément la démission du PM et la levée de toute immunité de toutes les personnes impliquées d’une manière ou d’une autre.

Mis devant les faits accomplis, le Président Macky Sall qui a demandé à ce que la lumière soit faite sur cette affaire, serait dans l’obligation de trancher.

Les prochains jours nous édifieront, certes, sur l’ampleur de la situation, mais nous retiendrons déjà qu’une longue et ardue bataille politico-judiciaire sur fonds de crise institutionnelle s’annonce pour le pays

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