Legislatives 2022:  » SUR LE CHEMIN DU POUVOIR » Mame Abdoulaye Tounkara


  1. Alors que l’on s’achemine vers les élections législatives du 31 juillet 2022, le compte à rebours a démarré ; c’est parti dans tous les sens. Les investitures, comme d’habitude, charrient leur cortège de mécontentements et d’incompréhensions. Dans ce contexte, les souffre – douleurs, habituellement réduits à leur statut de laissés pour compte, ruminent leur colère dans leur légitime amertume. Parfois écartés sans objectivité du fait d’une hiérarchie oublieuse, ne sachant pas s’oublier, et parfois soucieuse de quelques affinités, pour ne pas dire maladroite dans ses choix.
    Malheureusement, c’est la triste réalité. A y voir de plus près, toujours, est à l’honneur cette poignée de personnes entortillées de ses spécifiques attributs taillés sur mesure, seules munies de cette qualité de pouvoir intégrer le cercle restreint des potentiels élus. Comme par hasard, les privilégiés impénitents. Du coup, ce camp d’éternels inéligibles, qui par discipline de parti, qui par la foi en Dieu, se résolvent à la résignation. Attendant d’incertains lendemains pour repartir au front comme s’ils étaient nés pour le service des autres.
    Cette situation traduit l’expression imagée de la définition de la politique par le dialecte wolof, qui l’assimile aux quidams qui poussent le véhicule tombé en panne, démarrant en trombe et dont le chauffeur les remercie via le seul signe d’une main. Et ces derniers se contentent d’un regard soucieux du bon voyage du conducteur. C’est aussi cela la triste réalité !
    Retravailler pour cette caste de bénis politiques, en vue des d’élections à venir devient leur rôle pour s’affubler d’habits de militants disciplinés aux antipodes de toute motivation, à qui l’on fait toujours miroiter de virtuels postes, strapontins et que sais – je ? Une fois élus ou promus, les positions de pouvoir, les lambris dorés installent en eux – je dis les privilégiés – le lit de l’arrogance, du narcissisme, d’une fierté ma placée, incrustant dans la tête du citoyen lambda la péjorative idée que l’homme politique, de quelque bord qu’il se trouve, n’est qu’un bonimenteur mû que par son intérêt. D’où la ritournelle aujourd’hui bien partagée : « Les politiques ont montré leurs limites. ».
    Et pourtant, la noblesse de la politique est un truisme dès lors qu’il s’agit de servir. Son exercice n’est que le reflet de la personnalité de son acteur. Tout est question de sa nature intrinsèque. Rien de plus noble que de rendre service. Car, est – il besoin de le rappeler ? Le bienfait n’est jamais perdu. Nombreux sont ces hommes d’éthique qui peuplent cette sphère. Le Tout Miséricordieux, l’Omniscient, nous a prévenus de sa prééminence dans la connaissance de nos souhaits et objectifs. N’est-il pas le Plus Sage des Juges ? À fortiori l’Architecte de nos destins de mortels ?
    Les vérités du vénéré Serigne Abdoul Aziz SY Dabakh, plus que jamais d’actualité, retentissent encore dans nos oreilles, en ces heures sombres pré – électorales ; discours qui devraient servir de boussole à toute la classe politique. Son historique sermon asséné en 1968, lors du décès du président Lamine GUEYE, ses injonctions à l’endroit des députés et autres politiques devant le peuple et devant Dieu, et tant d’autres rappels utiles à toute la Nation, sont à revisiter.
    Dans sa leçon inaugurale prononcée en 2005, à l’université Cheikh Anta DIOP sur le thème : « L’éthique, aujourd’hui », le président Kéba MBAYE, dans sa légendaire éloquence conjuguée à la pertinence de l’éminent intellectuel, habité par la sagesse de l’Ancien, rappelait : « le pouvoir est fait pour servir. ». Puis, s’expliquant sur les contours du concept éthique, le juge historique enseignait : « Notion inséparable de la condition humaine, elle a acquis une importance exceptionnelle pour l’humanité. ». Plus loin, reprenait – il : « Le respect de soi et le respect des autres est par contre un bien éternel et sans limite. Dieu Lui-même le prend en considération dans le jugement qu’IL porte et qu’IL portera sur chacun de nous. ».
    Dans la même optique, « L’éthique nous apparait, aujourd’hui, comme un ensemble de règles écrites ou non écrites, inspirées par la morale pratique et qui doivent être respectées dans la vie professionnelle et dans la vie de tous les jours. Dès lors, l’éthique devient une formule commune à toute une société dans le sens que les sociologues donnent à ce vocable. ». dixit le père Kéba MBAYE.
    En tout temps et quelles que soient les contingences, tôt ou tard, la vérité inéluctable triomphe. En dépit de la durée du temps de latence précédant le verdict, le sort divin aussi implacable et ponctuel que la mort, surgit. Remémorons – nous l’histoire de Macky SALL, futur Président de la République et ancien Président de l’Assemblée nationale, démis de cette fonction, de manière rocambolesque, à tout le moins contraire à l’éthique, au grand dam d’un petit nombre de députés déterminés à soutenir la justesse de sa position d’antan. Un faisceau de lumière sur notre histoire nous en édifie amplement.
    Hélas ! Allah SWT, contrairement à toute attente, avait déjà, par Son inoxydable décret, porté Son Choix sur celui qui fut mis en minorité dans cette Assemblée largement acquise à la cause du Président de la République d’alors, Maitre Abdoulaye WADE. Comme pour rappeler aux mortels que nous sommes qu’IL est le Seul Détenteur du Pouvoir. Or donc, cultivons l’humilité, la modestie, le respect de l’autre tout en abhorrant la paresse, la méchanceté et l’hypocrise qui sont contreproductives pour peu que l’on soit croyant. Et retenons, que ce soit en politique ou dans quelque autre segment de la vie, que nul ne peut mettre en charpie son prochain, au point de pouvoir changer son destin.
    Au demeurant, hommes politiques de tout bord, membres de la société civile, le citoyen lambda, ou autres, nous sommes tous des Sénégalais. Nul n’aime ce pays plus que l’autre. Nul n’a le droit de regarder chavirer la pirogue Sénégal ou de le provoquer. Notre dénominateur commun est la Nation sénégalaise. Notre Commun – vouloir de vie commune vaut plus que tout. Soyons lucides, pondérés, positifs et républicains. Pensons aux futures générations et à l’intérêt supérieur de notre peuple, qui a engendré quatre Présidents de la République démocratiquement élus, de 1960 à nos jours. D’où, notre exception démocratique chantée en Afrique et partout ailleurs dans le monde !
    Que Dieu protège notre pays !
    Vive le Sénégal !

Mame Abdoulaye TOUNKARA

 

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