ME ASSANE DIOMA NDIAYE: «Le débat politique sur la religion n’honore ni la dignité humaine ni la société»


En politique, tous les coups sont permis, a-t-on l’habitude de dire. Mais, selon le président de la Ligue sénégalaise des droits humains (Lsdh), Me Assane Dioma Ndiaye, le débat politique sur la religion « n’honore ni la dignité humaine ni la société humaine ».

En fait, ces derniers temps, le président de Pastef- Les Patriotes, Ousmane Sonko, est attaqué de tous bords sur son appartenance confrérique. Pis, certains de ses adversaires politiques l’accusent d’être un salafiste. Pis, qu’il est même financé par des lobbies islamistes. D’emblée, l’avocat a précisé que la démocratie a des exigences. « On ne peut pas opter pour un système démocratique et en même temps ramer à contre courant », a-t-il tranché Toutefois, le droit-de-l’hommiste indique : « Déjà la Constitution du Sénégal interdit la référence à la religion en matière de politique. La stigmatisation est la pire des ignominies. On ne peut pas, de par l’appartenance d’une personne ou d’un groupe à une ethnie à une religion s’engager dans ce processus de stigmatisation, de diabolisation, de vampirisation que nous connaissons aujourd’hui et apparemment l’Etat ne prend aucune mesure par rapport à cela ». Alors que, renseigne le conseil, « dans tous les pays où il y a eu une escalade de la violence, on a commencé par ce genre de débat de bas caniveaux ». De son point de vue, « il urge que les politiciens se ressaisissent et que l’Etat qui a autorité sur tous les citoyens puisse les recadrer et qu’on sache que la loi, elle est là et qu’elle doit être garante de l’ordre public ». « Il faut qu’on dise qu’on n’acceptera plus un certain nombre de discours, d’idéologies, de pratiques politiciennes qui vont à l’encontre de l’idéal démocratique », a fait savoir Me Assane Dioma Ndiaye. Le président de la Lsdh de conclure : « Je pense qu’on peut être dans le cadre d’une contradiction sans adversité, dans le respect réciproque, faire un débat civilisé qui permet l’expression des idées, des programmes et qu’on sache que le pouvoir n’est pas une fin en soi ». Avant de faire remarquer : « Il ne faudrait pas que l’obsession du pouvoir obnubile les esprits de sorte que nous soyons plus lucides. Car, c’est un débat dangereux qu’il faut d’ores et déjà combattre et faire en sorte que nous retrouvions un climat social apaisé ».

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