MOI, SIMPLE CITOYEN LAMBDA N°3 : ABDOURAHMANE DIOP


 

Passionné depuis son enfance par la technologie et la mécanique, Abdourahmane Diop, plus connu sous le nom de Pape Abdou, est un entrepreneur de 36 ans et gérant de HITECH MULTIMEDIA. Cet établissement offre divers services allant de l’infographie à la sérigraphie, la bureautique, la photographie et reportages vidéos ainsi que les transferts d’argent.

Pape Abdou reconnaît qu’à son enfance il n’aimait pas trop l’école, malgré l’insistance de ses parents. Sa plus grande passion était de réparer les “WALKMANS” et autres gadgets. Il a pu cependant étudier jusqu’au CM2, même s’il n’a pas obtenu l’examen d’Entrée en sixième. En 1997, après avoir beaucoup insisté, il finit par convaincre ses parents de le laisser apprendre la mécanique. Pape Abdou avait alors 13 ans lorsqu’il commença à fréquenter les garages mécaniques de l’ancienne piste à Ouakam. Mais il ne s’épanouissait pas, car il avait l’impression qu’il n’apprenait pas grand chose, et il reconnaît être à l’époque très impatient.

C’est en 1999, parallèlement à ses activités dans la mécanique, qu’il intègre le milieu de la photographie via son grand frère qui a un studio photo à Ouakam. En commençant à manipuler les appareils, les lumières et les autres outils qui entouraient la photographie, il abandonne petit à petit la mécanique et s’active à plein temps dans la photographie qu’il a rapidement adorée et adoptée. Il se découvre alors une passion qui l’emmène à découvrir plein d’endroits et à rencontrer beaucoup de personnes.
(Il en profite d’ailleurs pour remercier chaleureusement son grand frère pour son encadrement et son soutien dans le métier).

En 2005, il rejoint son oncle dans le milieu du développement et de la reproduction de photos en laboratoire. L’oncle apprécie beaucoup son professionnalisme et son sérieux dans le travail. Ainsi, il évolue dans ce milieu jusqu’en 2019, en travaillant successivement à Bourguiba, Niary Tally, Mbao et aux Almadies, tout en continuant, parallèlement, à faire des prestations pour son propre compte, en tant que photographe et caméraman. Il commença alors à se former pour avoir des compétences dans l’infographie et le design, car il a su très tôt que la photographie allait profondément changer avec l’avènement du numérique. Avant, pour avoir une photo il fallait se déplacer en studio. Maintenant avec le numérique, chacun a son smartphone et peut se créer à tout moment ses propres souvenirs en faisant ses propres photos et montages.

En 2015, voulant commencer à travailler à temps plein pour son propre compte, il loue une place (qu’il occupe encore) et paie la caution avec les 300,000 FCFA qu’il avait économisé, en ayant l’ambition d’en faire une entreprise de multimédia. Au début, il payait le loyer sans avoir démarré les activités. Quelques mois plus tard, il ouvre le local et emploie une jeune dame pour le gérer. Il contracta un prêt à la banque pour acheter les premiers matériels qu’il a entièrement remboursé, ce qui lui a permis de financer les premières activités.

Pape Abdou a commencé par faire de l’infographie, des photos, de la réalisation de vidéos pour des cérémonies, etc. Il a, par la suite et de manière progressive, varié son offre de services en y intégrant le transfert d’argent. Les débuts ont été très difficiles, mais il s’est accroché jusqu’à stabiliser son entreprise. Aujourd’hui son chiffre d’affaires vient principalement des services de multimédia et de la sérigraphie. Il explique que les transferts d’argent ne sont pas aussi rentables qu’on le pense, du fait de faiblesse des commissions. Actuellement, pour ce qui concerne les services financiers, Orange Money occupe plus de 60% de la demande clients. Cependant ce pourcentage se trouve réduit du fait de la montée en puissance de WAVE. Bien qu’il soit très satisfait de WAVE au début, il déplore maintenant le fait que ce dernier ait changé les termes de leur contrat et réduit ses commissions après seulement trois mois de collaboration. D’après ses explications, même si cette situation reste une aubaine pour les clients, lui par contre ne trouve pas du tout son compte avec WAVE et reconnaît qu’il préfère à l’heure actuelle faire du transfert Orange Money, prestation qui s’avère un peu plus rentable que chez les autres services financiers. Il souligne également que le nombres de transactions avec WARI baisse de plus en plus et que ce dernier a un mauvais service client, car il est très difficile de les joindre en cas d’erreurs d’opérations pour les clients.

La période de couvre-feu imposé lors de la première vague de la pandémie de la COVID-19 avait été très compliquée pour lui. Même si le nombre de transactions financières avait augmenté, Pape Abdou assure avoir perdu une bonne partie de son chiffre d’affaires du fait de la baisse importante des demandes de services d’infographie et de multimédia. De par sa foi et son abnégation, il a pu surmonter cette période très difficile pour beaucoup d’entrepreneurs.

Conscient que les services financiers vont évoluer de plus en plus, jusqu’à ne plus dépendre de structures comme la sienne, Pape Abdou cherche des investissements pour acheter des machines modernes dédiées à la sérigraphie, mais aussi élargir ses services dans le multimédia. Aujourd’hui il emploie 2 personnes dans son entreprise et explique qu’il a commencé à faire des démarches auprès du FONGIP pour bénéficier des financements. Il doit ainsi leur envoyer son business plan en guise de complément de dossier.

Pape Abdou termine son propos en encourageant les jeunes à croire en eux-mêmes et à se former afin de s’adapter à ce monde en perpétuelle et rapide mutation. Il rappelle par ailleurs que lui-même se forme tout le temps en ligne et se tient ainsi informé de ce qui se passe dans son métier, de ses évolutions et mutation. Pour ce vaillant entrepreneur, l’immigration irrégulière est un suicide. ll appelle donc ses jeunes frères à se faire violence ici et à se donner tous les moyens honnêtes et légaux de réussir, car ils sont les seuls maîtres de leur destin. Pape Abdou ne croit pas trop en la capacité de nos autorités à œuvrer pour changer la vie des jeunes sénégalais en leur offrant des emplois décents, particulièrement en cette période très difficile où le chômage touche une importante frange de jeunes. Pour finir, son dernier message à l’endroit des jeunes, a été de les exhorter à être des créateurs et non des imitateurs.

Propos recueillis pas Mamadou Djigo (@djigolofficiel), Simple Citoyen Lambda

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