Réouverture des frontières aériennes du 15juillet 2020 : les émigrés du Fouta s’impatientent


Front view of aircraft in flight. The passenger plane flies high above the clouds.

Le Fouta est une terre d’immigration et les émigrés participent au développement des départements de Podor et Matam avec entre autres actions la construction et l’équipement de postes de santé, d’écoles, de forages. Et ces localités enregistrent une entrée mensuelle de fonds avoisinant des milliards.

Ces sénégalais de la diaspora originaires du Fouta sont dans les quatre coins du monde après un séjour plus ou moins long ont l’habitude de venir en vacances pour quelques mois. Mais cette année de pandémie qui a affecté leurs pays d’accueil le nombre d’émigrés de retour au bercail est consistant. Si certains sont revenus pour éviter de choper le coronavirus, le même virus est arrivé au Sénégal dès le 2mars 2020 poussant les autorités à prendre des mesures pour lutter contre la propagation du coronavirus.
Le 23 mars 2020 le Sénégal a pris une batterie de mesures. L’une d’entre elles est la fermeture des frontières aériennes. Cette mesure a trouvé plusieurs émigrés sénégalais au pays, certains étaient en congé et d’autres ont eu à rentrer suite à la propagation du coronavirus en Europe et en Amérique. La reprise du trafic aérien est prévu à partir du 15 juillet c’est-à-dire plus de quinze jours après son annonce par le président de la république. Une programmation qui prolonge le séjour des émigrés au pays, qui pour la plupart ont duré et ne veulent que retourner pour reprendre service. Comme les autres émigrés Sénégalais revenus au pays, ceux du fouta ont attendu très longtemps la décision des autorités de rouvrir les frontières pour leur permettre de retourner dans leur pays d’accueil reprendre le travail. Certains émigrés qui étaient chez eux pour 2 ou 3 mois au plus pour des congés ont été contraints de rester plus 7 mois. L’un d’eux Samba nous confie qu’il n’a jamais aussi duré au fouta depuis qu’il a commencé à séjourner en France .Il ajoute qu’il est parti à Paris en 1992 et qu’il vient en vacance au Sénégal une fois tous les deux ans pour y passer deux mois. Un autre , AS dit qu’à son retour à Milan il s’attend à vivre des jours difficiles car son congé est terminé depuis le mois de de mai .Ces sénégalais de l’extérieur rencontrés dans le département disent que leurs congés prolongés se sont transformés en une période de chômage .En tant que soutiens de famille, ils confient être des témoins impuissants de la souffrance de leur famille.Iba , un émigré rencontré à Pété ,lui affirme que les autorités sénégalaises devaient rouvrir les frontières au même moment que la levée de l’état d’urgence et du couvre-feu . Il n’a pas oublié de mentionné « en tant qu’émigré j’ai peur de ne pas retourner en Espagne le 15 juillet car il parait que le Sénégal n’est pas sur la liste des pays africains que l’Union Européenne a autorisés à reprendre des vols vers son espace ».Il déclare qu’il était venu rendre visite à ses parents pour un mois et reboucher chemin aussitôt car sa femme et ses enfants sont à Barcelone. S’ils ont vécu le couvre-feu et les restrictions de déplacement mis en place depuis avec leur famille, certains disent ne pas regretter d’être à la maison et remercient le seigneur de n’avoir pas le confinement en Europe car les compatriotes laissés leur ont rapporté leur souffrance durant cette période. Par ailleurs, Bocar SOW, un foutanké vivant au Gabon nous dit avoir pris gout après ces nombreux mois passés à la maison et qu’il projette de rentrer au pays d’ici quelques années pour investir au Fouta.
En ce moment ces compatriotes vivant à l’extérieur n’attendaient que cette décision pour retourner travailler car quelques-uns ont déjà épuisé leur épargne et pour commencer à se familiariser avec le nouveau visage de l’Europe et du nouvel ordre mondial.
H .NIANG , Correspondant Podor

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