Société :MOI, SIMPLE CITOYEN LAMBDA N°4 : MOUSTAPHA WILANE, AGRICULTEUR A NGET PEUL (DEPARTEMENT DE KAFFRINE


 

Agé de 49 ans et habitant Nget Peulh, dans le département de Kaffrine, Moustapha Wilane se définit comme agriculteur depuis son enfance, au sein d’une famille qui a toujours évolué dans le milieu.

Moustapha a abandonné très tôt l’école française. Il a, pendant longtemps, fréquenté l’école coranique, tout en aidant ses parents dans les travaux champêtres. Aujourd’hui, avec sa famille, il cultive principalement de l’arachide sur une superficie de 4 hectares, et aussi du mil “souna” et du maïs sur 3 autres hectares.

De toutes les cultures qu’il pratique, celle du mil est la plus rentable selon lui, car toute la famille se nourrit principalement de cette céréale. Il arrive également à en vendre à un bon prix dans les marchés hebdomadaires communément appelés “louma”. Le prix du kilogramme du mil peut parfois atteindre 250 FCFA.

Selon Moustapha, il a commencé à être confronté à des difficultés dans la culture de l’arachide depuis que les opérateurs ont commencé à se poser comme des intermédiaires entre les agriculteurs et la SONACOS, vers la fin des années 1990. Aujourd’hui le prix fixé de 250 FCFA le KG n’est pas rentable par rapport aux 300 FCFA le KG, initialement proposés par les acquéreurs chinois. De plus, l’État tarde parfois à fixer le prix du KG de l’arachide. Ce qui fait que les opérateurs ont tendance à attendre que le prix soit d’abord défini avant d’acheter. Et pendant ce temps, les agriculteurs, parant au plus pressé, ont besoin de vendre leur production pour avoir de quoi vivre. Il explique qu’il lui arrive de faire ce qu’il appelle du “MBAPATT”, c’est-à-dire, aller dans les “loumas” pour vendre son arachide à 100 FCFA KG, et donc à perte. Moustapha rappelle également que plus de 80% de ses récoltes d’arachide sont destinés à la vente.

Analysant les difficultés dans le secteur arachidier, Moustapha souligne la mauvaise qualité des semences et aussi le retard dans leur distribution. Pour l’année 2020, il a reçu les semences vers la fin de Juillet alors que l’idéal aurait été de les recevoir, de préférence, au mois de Mai pour bien les préparer avant le début de la saison des pluies. Parlant toujours des semences, il explique que certains opérateurs négocient avec certains agriculteurs pour leur acheter les semences à 200 FCFA le KG, puisque l’État tarde parfois à les distribuer. Cependant ces opérateurs exigent que les récoltes leur soient cédées à 225 FCFA le KG, ce que certains agriculteurs sont obligés d’accepter, faute de trouver plus offrant.

Cet agriculteur souffre aussi du manque d’engrais, pour avoir de bonnes récoltes. Les machines que ses pairs et lui-même utilisaient ne fonctionnant plus, ils se rabattent sur les chevaux. Grâce à ces derniers et au moyen de la traction, ils arrivent à labourer leurs champs. Il admet qu’il ne trouve plus son compte dans la culture de l’arachide et ce, depuis quelques années.

Enfin, Moustapha termine son analyse par une note d’espoir car, selon lui, bien qu’au Sénégal l’agriculture connaisse de nombreuses difficultés, il reste convaincu que ce secteur peut et doit porter le développement du Sénégal. 《Nous disposons du soleil toute l’année, de terres fertiles et de l’eau. Ce secteur a juste besoin d’être modernisé et que l’État l’accompagne tout en encourageant les jeunes à s’y intéresser davantage 》, dit-il pour finir.

Propos recueillis par Mamadou Djigo (@djigofficiel) , Simple Citoyen Lambda

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