Société : » Moi Simple Citoyen Lambda » Rockeya Diagne vendeuse de poisson


Née et ayant grandi à Ouakam, Rokhaya Diagne qui a récemment soufflé sa soixante-neuvième (69e) bougie, est une vendeuse de poisson. Comme elle a tenu à le préciser, elle a toujours évolué dans ce secteur depuis son enfance.

Rokhaya Diagne qui a fait ses études à Ouakam fait partie de la première promotion du CEM Mamadou Ndiaye de Ouakam où elle a obtenu son BFEM, avant de rejoindre le Lycée Maurice Delafosse. Elle a dû cependant abandonner les études à cause de certaines difficultés rencontrées durant cette période.

Plongée dans ses souvenirs, elle évoque l’époque où elle était encore élève et allait à la plage de Ouakam pour remonter les poissons ramenés par les pêcheurs. Elle était payée 2 Francs pour chaque poisson, ce qui lui permettait de se faire un peu d’argent et d’être financièrement autonome. Cependant, elle note que depuis ces six dernières années, en particulier, le secteur de la pêche est très en difficulté et cela impacte fortement leur vie quotidienne en tant que vendeuses de poisson, mais aussi en tant que parents de pêcheurs.

En effet, elle trouve que les accords de pêche signés ces dernières années ont mis beaucoup d’acteurs du secteur de la pêche dans la précarité et ont contribué à la recrudescence de l’émigration irrégulière. D’après elle, beaucoup de pêcheurs à Ouakam qui avaient fait des prêts auprès des banques pour acheter des équipements de pêche, ont vu leurs matériels saisis car ne pouvant plus rembourser leurs dettes du fait de la raréfaction du poisson. Une denrée qui devient de plus en plus difficile à trouver car les gros navires européens ou chinois raflent tout sur leur passage. Certains pêcheurs ont tout simplement pris les pirogues pour émigrer irrégulièrement, au moment où d’autres ont tout bonnement changé de secteurs d’activités. Rokhaya Diagne donne l’exemple de son fils qui a tout arrêté ici pour aller en Mauritanie faire de la pêche sous-marine afin de gagner un peu d’argent.

Parmi les autres conséquences de la mauvaise politique de la pêche, selon elle, figure la disparition de leurs étals de certaines espèces comme le « Thiof » qu’elle ne voit presque plus depuis un certains temps, d’où la difficulté de satisfaire la demande de la clientèle. Hormis le « Thiof », d’autres espèces se font rares également.

La dame insiste sur le fait qu’elle n’est pas foncièrement contre le fait que l’État puisse signer des accords de pêche. Cependant, il doit veiller à protéger les citoyens sénégalais qui s’activent dans ce secteur pourvoyeur d’emplois et qui tient un pan important de l’économie nationale.

Elle invite donc l’État du Sénégal à revoir les accords signés, mais aussi à œuvrer pour une implication sérieuse et effective de tous les acteurs dans les processus et accords de pêche, au risque de voir tout le secteur subir les nombreuses et récurrentes conséquences des mauvais accords signés.

Enfin, Rokhaya Diagne lance un message aux jeunes filles, en les invitant à poursuivre leurs études, tout en n’oubliant pas leurs valeurs qui seront fondamentales dans leur vie personnelle comme professionnelle. Elles devraient par ailleurs s’inspirer de leurs aînées pour s’approprier ces valeurs.

Mamadou Djigo (@djigolofficiel), Simple Citoyen Lambda

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