UCAD: sans bourse jusqu’a deux mois du dépôt de leur master 2



 
Les étudiants de la promotion 2018-2019 de l’UCAD interpellent Cheikh Oumar Anne sur leur calvaire
 
 
Privés de leur bourse jusqu’à deux mois de dépôt de la mémoire de master 2, les étudiants de la Faculté des Sciences Juridique et Politique promotion 2018-2019 de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar interpellent le ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’Innovation sur leur calvaire. En cette période de confinement et de fermeture des bibliothèques, la seule alternative possible est la recherche sur le net. Cependant, l’axé à des ouvrages exige des frais.  C’est dans cette situation qu’ils invitent leur ministre de tutelle Monsieur Cheikh Oumar Anne à réparer cette injustice. Voici in extenso la lettre ouverte des étudiants.
 
 
Monsieur le Ministre de l’Enseignement Supérieur,
Le Collectif des étudiants en Master II de la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar en solidarité avec l’Amicale de ladite Faculté, par cette présente lettre ouverte vient solliciter votre bienveillance.
Mais avant toute chose, mon cher, permettez nous de nous solidariser avec la population sénégalaise sur la crise sanitaire qui sévit dans notre cher pays.
Nos pensées se portent à l’endroit de son excellence Monsieur Macky Sall, Président de la République du Sénégal, du ministre de la santé Abdoulaye Diouf Sarr, ainsi qu’à notre vaillant personnel de la santé dont  nous saluons le dévouement, le courage, la compétence et surtout le  professionnalisme.
Nos hommages vont à l’endroit des forces de l’ordre et de sécurité du Sénégal.
Nos pensées se portent aussi à l’endroit des sénégalaises et sénégalais, d’ici et d’ailleurs, apeurés par cette crise sanitaire qui est sans précédent. Nous invitons ainsi nos chers compatriotes au respect strict des mesures barrières recommandées par le corps médical.  Nous n’oublions pas de présenter nos condoléances aux familles éplorées.
Nous encourageons tout citoyen sénégalais, qui d’une manière ou d’une autre est victime de la situation déconcertante qui est due au Covid-19. Nous appelons à l’union nationale autour du chef de l’Etat pour vaincre cette maladie.
Enfin, nous prions pour que Dieu le Tout Puissant fasse que notre cher Sénégal sorte vainqueur et intact de cette crise sanitaire.
Mon cher,
Nous les étudiants en Master II de l’Université Cheikh Anta Diop en général et ceux de la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques en particulier, par cette présente lettre ouverte viennent vous exposez notre situation actuelle, qui, sincèrement parlant, n’est pas l’une des meilleures.
En effet, la situation est partie d’un règlement qui a été pris il y a de cela trois (3) années. Ce dit règlement a pour but de ne pas octroyer la bourse à tout étudiant en Master II qui avait repris le Master I. Mais, nous nous devons de préciser que ceci ne concerne pas la première année de Master II, étant donné que tout étudiant en Master II avait droit et avait effectivement reçu sa bourse au cours de l’année scolaire 2018-2019.  
En toute logique, une année universitaire doit durer un (1) an, mais, à cause des perturbations dues à diverses raisons, un Master II à l’université Cheikh Anta Diop dure au minimum deux (2) ans dans la majorité des Facultés. C’est dans ces conditions que nous étudiants nous évoluons à tort ou à raison et sans émettre un jugement de valeur.
Nonobstant toutes ces considérations, nous précisons que nos différentes administrations, universitaires, de facultés et boursières veillent à ce que les étudiants en Master II dont les années universitaires s’étalent en longueur dans le temps, reçoivent des dérogations pour terminer leur Master. Et parmi ces dérogations, il y a l’octroiement de la bourse. Raison pour laquelle, les étudiants de la promotion de 2018-2019 qui n’avaient pas repris le Master I, sont actuellement en train de percevoir leur bourse en toute quiétude. Pendant ce temps, leurs condisciples qui avaient eux repris le Master I ne bénéficient pas de cette dérogation. Ce qui est purement et simplement une injustice à l’endroit de nos personnes.
Mon cher,
Cette situation est doublement préjudiciable !
Primo, elle est préjudiciable parce que la lenteur du fonctionnement pédagogique au sein des Facultés ne nous est pas imputable. Ce n’est point de notre faute à nous les étudiants si un Master se fait en deux (2) années minimum. 
Secondo, elle est préjudiciable pour nous les étudiants de la Promotion 2018-2019, parce que tout simplement la même situation est arrivée aux étudiants des deux (2) promotions antérieures et que heureusement, dans cette même période de l’année celle-ci avait été réglée. Mais malheureusement, nous peinons jusqu’à présent à être rétabli dans nos droits.
Mon cher,
Pour remédier à cette situation inconfortable, les étudiants de la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques en solidarité avec l’Amicale de la Faculté avaient fait des démarches pacifiques.
En effet, depuis le 11 décembre 2019, nous avions entrepris des démarches. C’est ainsi que nous avions saisi en premier lieu les autorités de notre Faculté en l’occurrence le Doyen à la personne de Monsieur Alassane Kanté. Ce dernier par le canal du secrétaire général, Monsieur Yaya Ndiaye, avait saisi le Directeur des bourses pour lui faire part de notre situation mais surtout pour lui notifier que la durée du Master ne nous est aucunement imputable.
Ainsi, après l’envoi du courrier émis par le Doyen de la Faculté, le collectif des étudiants par le biais d’une délégation s’était rendu à la Direction des bourses. Nous précisons que nous avons été reçus et écoutés le même jour par le Directeur des bourses, Monsieur Khalifa Gaye en personne qui venait tout juste de prendre fonction. D’ailleurs lors de cette rencontre, nous avions discuté de la question et ensemble, nous avions trouvé une solution partielle. Car, le Directeur nous avait assuré qu’il ne ferait pas exception, et si le problème avait été réglé par son prédécesseur, donc il ne se verrait pas déroger à cette règle. C’est à cet effet qu’il nous avait demandé de lui donner la liste des étudiants concernés ainsi que de lui laisser le temps de s’imprégner de la situation et qu’il nous reviendrait au plus tard à partir du mois de Mars.
Mais, arriver au mois de mars, le Directeur des bourses, Monsieur Khalifa Gaye, nous a notifié qu’il ne pourrait pas nous faire réintégrer dans le système boursier, que cela n’était pas dans ses prérogatives, que seul notre Ministre de tutelle à savoir le Ministre de l’Enseignement Supérieur pourrait décanter la situation. Ainsi, il nous avait conseillé de saisir ledit Ministre.
Suite à cela, nous avions saisi par le canal d’un courrier le Recteur de l’Université Cheikh Anta Diop, à la personne de Monsieur Ibrahima Thioub pour que ce dernier nous aide à obtenir une audience auprès du Ministre. Ainsi, malgré cette démarche et les initiatives de l’Amicale de la Faculté nous n’avions pas pu nous entretenir avec le Ministre jusqu’à la survenance de la crise sanitaire et la fermeture de l’Université.
Mon cher,
Le collectif est composé par des étudiants responsables et avertis, conscients que le problème peut et doit se régler d’une manière paisible et réfléchie. Raison pour laquelle, nous avons toujours opté pour la négociation. C’est dans ce contexte que nous venons par cette présente lettre ouverte, vous faire part de la situation malaisée et déconcertante que nous vivons à ces jours.
En effet, nous sommes dans une période de production de mémoire comme le font tout étudiant en Master II. Mais, malheureusement nous peinons à réussir dans cet exercice, tout simplement parce que d’abord nous n’avons pas de bourse et ensuite à cause de la crise sanitaire nous n’avons plus accès aux bibliothèques universitaires. Dans un contexte où peu d’étudiants ont accès aux bibliothèques numériques et pis encore l’administration de notre Faculté a fixé la date du dépôt de nos mémoires au jour du 30 Juin 2020.
L’heure est grave et déconcertante !
Mon cher,
Nous avons conscience de la situation que traverse notre cher pays, d’ailleurs nous sommes tous en train d’en faire les frais.
Mais, heureusement, nous avons un Président de la République, qui gère la situation d’une manière remarquable. Dans cet élan, il est entrain de prôner le social et la solidarité pour que chaque citoyen sénégalais peu importe sa situation, sorte de cette crise avec le moindre mal.
Partant de ce constat, nous venons auprès de vous, Monsieur le ministre de l’Enseignement Supérieur pour que vous réglez notre problème en nous faisant rétablir dans nos droits de boursiers.
En le faisant, vous combattrez une injustice mais surtout vous contribuerez à la réussite de nombreux étudiants.
 
Que Dieu protège et bénisse notre cher Sénégal !
  
 

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