LES FACTEURS BLOQUANTS de notre économie « Biram Khoudia Lo » 


 

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L’adversaire le plus coriace qui a renversé tous les régimes de Senghor à Abdoulaye Wade en passant par Abdou Diouf continue à étendre sa force au point de mettre à genou le pouvoir de Macky Sall.C’est la pauvreté qui gagne du terrain en s’appuyant sur le sous emploi des masses populaires. L’école et singulièrement l’université et les écoles de formation déversent chaque année des milliers de jeunes sur le marché de l’emploi. Ces derniers se retrouvent dans un désespoir total au point d’emprunter la voie sans issu de l’émigration clandestine.

Le dernier rapport de l’organisation internationale du travail classe le Sénégal parmi les nations les plus touchées par le chômage. Nos gouvernants essaient de démentir sans préciser que le nombre de personnes à la recherche d’emploi est supérieur au nombre de chômeurs si l’on se base sur la définition du chômage. Ils parlent du secteur informel qui n’est pas comptabilisé par l’OIT mais ne précisent pas que ce dernier ne fournit pas des emplois décents et durables et peine à influer positivement sur le chiffre d’affaire : le rapport 2016 de l’ANSD sur le RGE précise que les 97% des unités économiques évoluant dans l’informel ne fournissent que 16,3% du chiffre d’affaires total.La réponse attendue par un peuple désemparé ne semble pas au rendez-vous compte tenu du comportement de ceux qui jouent dans l’équipe gouvernementale et qui, au lieu de chercher à marquer le but de la résolution de cette équation et assurer une bonne défense face à la propagation de la pauvreté, versent dans des polémiques inutiles et à la limite stérile.

La cause des actes ignobles, des crimes injustifiés, des divorces et l’augmentation du nombre de malades mentaux sont à chercher du côté de la propagation de la pauvreté. C’ est comme si nous acceptons sans broncher que nos peuples sont faits pour rester éternellement dans la précarité. Pourtant, les solutions existent. Le problème, c’est: pourquoi on ne les utilise pas? Le rapport de l’ANSD atteste que le taux de mortalité de l’entreprise est élevé. Pourquoi la faible capacité de création de richesse et d’emplois de nos entreprises, un des facteurs bloquants de notre développement économique n’est pas prise en charge correctement par les démembrement du gouvernement qui ont pour mission de les encadrer? Pourquoi les organisations patronales et les syndicats tardent à étudier les 10 caractères de l’entreprise évoqués par le rapport 2016 de l’ANSD sur le RGE ( recensement général des entreprises) ?

Ceux qui se vantent d’être des entrepreneurs modèles au point de croire qu’ils doivent bénéficier de la confiance du peuple pour accéder au pouvoir sont interpellés sur la solution à envisager pour pousser nos unités économiques à la performance. Ils font des discours interminables mais ne parlent jamais de leur modèle économiques qui intègre les contraintes et les aléas du terrain. La description d’une organisation n’est adéquate que si l’on y inclut la description des contraintes exercées par le contexte et par l’environnement sur ses possibilités d’action, disait l’autre. Donc l’apprentissage par l’expérimentation qui révèle les contraintes est la meilleure des écoles.

Ainsi tout modèle économique indemne de magouilles souterraines s’énonce clairement et les outils qui le sous tendent s’expliquent aisément.Le mal qui gangrène notre économie, ce sont ces types d’entrepreneurs qui ont du mal à expliquer la provenance de leurs richesses obtenues en un temps record et qui cherchent à donner des leçons aux honnêtes gens qui travaillent à la sueur de leur front. Tout entrepreneur sérieux, qui paient normalement ses impôts, qui satisfait ses employés sur le plan salarial et droits annexes, qui donne aux clients le produit adéquat, aura du mal à se faire de l’argent en un temps record. C’est impossible, singulièrement dans nos pays pauvres.

Pourquoi les économistes, les politiciens, les intellectuels n’essayent pas de trouver des solutions sur ces maux de nos unités économiques au lieu de chercher à plaire aux autorités au point de cautionner les racines d’un éventuel soulèvement populaire: troisième mandat, boulimie foncière, injustice dans la magistrature etc… Pourquoi l’Etat, les organisations patronales, les syndicats, les politiques, la société civile restent aphone devant l’exploitation continue des travailleurs. Le chef de l’État a mis 4,5 milliards de nos francs pour recenser les maux de l’entreprise sénégalaise. La majeure partie des pays africains n’ont pas fait cet effort. Mais malheureusement, depuis la sortie de ce rapport qui retrace les 10 facteurs bloquants de la performance de nos unités économiques, les autorités sont restées bouche-bée pour les solutions attendues. La balle est aussi dans le camp des chefs d’entreprise qui devaient proposer une offre de solution.

Ainsi, pour pousser nos unités économiques à la performance, nous proposons :

– De constituer des cabinets d’appui conseils et d’accompagnement des PME ayant une longue pratique de l’entrepreneuriat.

– Mettre en place un système de financement approprié.

– Disposer d’applications informatiques capables de verrouiller les contraintes qui génèrent des pertes inacceptables pour l’entreprise et qui installent définitivement la transparence.

– Aller progressivement vers la transformation digitale de l’entreprise en mettant le client au début et à la fin du processus.

– Disposer d’un modèle économique clair basé sur une organisation et des méthodes solides.

– Installer la transparence, la transversalité, l’interdépendance, l’instantanéité, la collaboration et la rapidité, maître-mots de la performance.

– Assurer pour chaque activité les outils qui répondent aux normes : quel outil ? Pour quoi faire ?

Malheureusement le constat est que nous avons beaucoup plus de dealers que d’entrepreneurs sérieux. Le Sénégal ne pourra jamais se développer si nous continuons d’esquiver ces questions fondamentales et si nous continuons d’aller plus loin en dissimulant ces esquives à travers des prétextes totalement fallacieux.

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